Pelouse artificielle : une fausse bonne idée !

Posté par touchepasamonciel le 22 février 2018

Le gazon artificiel est de plus en plus répandu pour les terrains de sports, les aires de jeu les usages décoratifs, en animalerie et autour des pistes d’aéroport pour éloigner les oiseaux. A Chaville le stade Jean Jaurès vient d’être refait avec une pelouse artificielle.

Les éléments imitant les brins d’herbe sont fabriqués en polypropylène coloré sous la forme de fibres de différentes formes. Comme pour la fabrication de moquette, à partir de brins, on forme des boucles de fil au travers d’un support. Ces boucles sont coupées dans leur hauteur et les fibres se redressent. Le tissu est ensuite enduit de composés complexes pour ancrer solidement le « poil » dans son support. Des trous de drainage sont faits pour évacuer l’eau de pluie. Ce gazon est alors inspecté, enroulé, emballé et expédié.

Lorsque ce gazon est posé, on rajoute de la poudrette de caoutchouc recyclé et coloré, provenant de pneus usagés (en blanc sur la photo ci-dessous).

poudretteLa poudrette de caoutchouc est un matériau qui ne peut pas être légalement mis en décharge ni jeté en mer en raison de sa toxicité : pourquoi diable devrions-nous laisser nos enfants jouer dessus ?

Caractéristiques :

  • la pelouse artificielle ne nécessite pas d’arrosage pour rester verte

  • l’entretien est simplifié, surtout pour un usage intensif

  • La pelouse doit être arrosée pour sa propreté et faire descendre la température en été. Cet arrosage vise aussi à améliorer les appuis des joueurs, limiter les brûlures ou blessures en cas de chute et améliorer le rebond ou le roulement de la balle. L’arrosage sert aussi à réduire l’odeur forte du caoutchouc et à stabiliser la surface.

 
Critiques et débats :

Les préoccupations principales concernent la santé. L’air et l’eau de drainage pourraient se charger d’éléments chimiques (gaz ou aérosols) provenant du gazon lui-même . La question de savoir si ces risques sont avérés, est toujours débattue. En effet l’herbe en plastique contient des colorants et additifs lui permettant de résister aux UV solaires au piétinement ou au feu. Certaines de ces molécules sont des toxiques connus. Le risque le plus important semble provenir des composés de la poudrette de caoutchouc. Il s’agit de grandes quantités que l’on peut apprécier par le tas de poudrette déposé lors des travaux du stade jean Jaurès à Chaville.

Poudrette stade oct 2017

Cette poudrette contient des métaux lourds et des produits chimiques neurotoxiques comme le plomb, le chrome, l’arsenic, les composés organiques aromatiques volatils (chrysène, isomères de toluène et de xylène). Or la poudrette est assez facilement dispersée dans l’air et souvent retrouvée dans les vêtements, chaussures ou les cheveux.

La médecine sportive est-elle préoccupée par l’augmentation de maladies nosocomiales ou antibio-résistantes…

Le bon entretien d’un gazon synthétique nécessite une désinfection et un nettoyage périodiques visant à retirer les cheveux, restes de peau, sueur, crachats et fluides corporels (sang, lymphe) ainsi que les excréments d’animaux.

Poudrette de caoutchouc avant étalement au stade Jean Jaurès de Chaville (octobre 2017)  -  photo extraite du journal de Chaville janvier /février 2018

Il est fortement recommandé de se laver les mains avant de manger ou de boire et de laver les vêtements séparément du reste.

Du point de vue de l’environnement, les partisans et détracteurs du gazon artificiel reconnaissent qu’il s’échauffe au soleil et forment une bulle de chaleur. Cet effet est bien plus fort que pour un gazon naturel. C’est particulièrement vrai pour ceux dont le substrat ou la poudrette sont faites en caoutchouc. Cette matière absorbe l’énergie solaire puis la rayonne dans l’infra-rouge d’où l’accumulation de chaleur.

sportifs

Au contraire, un vrai gazon convertit le rayonnement solaire pour la photosynthèse et pour le rafraichissement de l’air par évapotranspiration. La preuve a été apportée par des relevés par thermographie aériennes : par exemple lors d’un jour de juillet 2007 aux Etats-Unis, alors que la température de l’air était de 25.5°C, le gazon naturel affichait une température de 29,4°C et celle du gazon synthétique de 60°C.

On comprend que le risque de brûlures ou de lésions cutanées pour des joueurs sur gazon artificiel est avéré, et justifie d’arroser les terrains synthétiques pour limiter la température de surface.

A l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique impose d’augmenter les espaces verts doit-on persévérer dans cette artificialisation des terrains de sport ?

Document extrait du Bulletin de Chaville Environnement ( janvier /février 2018)

Une Réponse à “Pelouse artificielle : une fausse bonne idée !”

  1. Isséen dit :

    Envoyé Spécial en parlait hier (voir lien, à 34:00)
    https://www.france.tv/france-2/envoye-special/415079-emission-du-jeudi-22-fevrier-2018.html

    Il me semble qu’à Issy, c’est pas ce qui manque, les pelouses synthétiques !

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