Compte-rendu de la table ronde du 22 janvier 2014

Posté par touchepasamonciel le 24 février 2014

intervenants_table-ronde_actevi_16.01.2014

A la veille des élections municipales, ACTEVI a souhaité organiser une table ronde avec  les têtes de listes,  candidats au suffrage municipal. Dans une salle bien remplie et devant un auditoire attentif, ACTEVI avait invité ces candidats à présenter leur programme dans les domaines d’activité de l’association, soit l’urbanisme, les transports et l’environnement. L’objet de la table ronde n’était pas un débat (ou une polémique), mais une information de qualité apportée aux auditeurs. Nous avons écouté : « Europe écologie, les verts » avec Floraine Cordier et Didier Hervo, « Issy c’est possible » représenté par Thomas Puijalon et Fabienne Gambiez, liste commune du parti socialiste, du Modem et des isséens engagés. « Issy pour tous » représenté par Lysiane Alézard et Dominique Talbot, pour le front de gauche , Le « Rassemblement bleu marine –front national » avec Anne- Laure Maleyre.
Nous avions invité la majorité municipale actuelle. Mais celle-ci a décliné l’invitation au motif du contentieux qui l’oppose à l’association au sujet du projet de tours au Pont d’Issy.

Il n’est pas question de reprendre in extenso les exposés des uns et des autres et ACTEVI renvoie ses lecteurs aux blogs de campagne des intervenants. Le compte rendu suivant, tout subjectif, reprend certains mots, certaines propositions.

Le premier thème traité a été celui de l’urbanisme.
Il a fait l’objet d’une brève présentation. Il existe de nombreuses définitions de l’urbanisme. Nous en citerons une : L’urbanisme c’est l’ensemble des sciences, des techniques et des arts relatifs à l’organisation et à l’aménagement des espaces urbains, en vue d’assurer le bien-être de l’homme et d’améliorer les rapports sociaux en préservant l’environnement. La ville d’Issy les Moulineaux a connu de profondes mutations au cours des 30 dernières années avec la disparition des friches industrielles et leur remplacement par des immeubles de bureaux et de logements. Par rapport à la définition ci-dessus ces mutations nous conduisent à poser plusieurs questions : L’aménagement des espaces urbains a-t-il permis d’améliorer les rapports sociaux ? Le bien-être des habitants a-t-il été pris en compte ? L’environnement a-t-il été préservé ? C’est sur ces aspects que nous aimerions vous interroger pour que vous nous donniez votre point de vue sur ce qui a été fait, sur ce qui ne l’a pas été, et sur comment cela a été fait. Mais aussi et surtout pour connaître vos orientations et propositions pour l’avenir si vous étiez amenés à gérer la commune, notamment sur les questions qui tournent autour des problèmes de densification, les questions liées aux grands projets qui vont modifier la physionomie de la ville, les questions de méthodes autour d’une conception de la démocratie locale.
Chaque liste disposait de 7 mn.
« Issy c’est possible » a été désigné par le sort pour exposer son programme en premier. Il est retenu la volonté d’établir une méthodologie qui permette de repartir de la page blanche. Thomas Puijalon a insisté sur l’espace public : il manque un centre-ville. Il convient de repenser cet espace et d’associer les isséens par référendum. Doivent être traités également la proportion de logements et de bureaux ainsi que les problèmes de mixité. Fabienne Gambiez reprend la nécessité d’instaurer une mixité sociale et de favoriser la concertation.
Le « Rassemblement bleu marine » : Anne-Laure Maleyre relève qu’Issy les Moulineaux est la 13ème ville la plus dense de France. Il faut stopper la construction des bureaux et de logements au profit des espaces verts, mais développer la réhabilitation et l’attribution des logements sociaux, qui sont parfois occupés indument, avec la participation des habitants, réserver le CNET pour un espace vert, abandonner le programme de bureaux dans des tours au Pont d’Issy et instaurer le référendum local.
« Europe, écologie, les verts »
 insiste sur le retard d’Issy en matière d’écologie, de pollution, de concertation et les disfonctionnements d’une démocratie locale inexistante. La population doit être associée aux décisions par le biais de conseils d’habitants, de conseils de quartiers. Il faut un centre-ville dynamique mais aussi des quartiers équilibrés respectant une mixité. Didier Hervo remarque que si l’on a pu offrir un terrain pour un euro à l’école du barreau, il serait peut-être possible de vendre un terrain un euro à des habitants, comme cela se fait dans certains pays étrangers, pour leur permettre de réaliser un habitat participatif.
« Issy pour tous » veut construire la ville de demain, une ville pour tous. Ils relèvent le manque de concertation à l’intérieur de GPSO, s’inquiètent de l’impact de la création de la métropole du Grand Paris à qui reviendront les compétences en urbanisme, environnement et logement. Ils souhaitent un choix de réduction des dépenses et la résorption des inégalités sociales et territoriales.
A la suite de ces exposés, les questions ont fusé. Elles ont porté notamment sur la concertation, mais aussi sur la place des associations et les enquêtes publiques.
Les réponses : – « Issy c’est possible » redit son souhait de faire participer les associations et d’instaurer la plus large concertation possible. – Le « rassemblement bleu-marine », au vu du désintérêt des citoyens, ne souhaite pas de commissions réservées à des experts mais  des commissions s’appuyant sur le bon sens. Le référendum local serait développé. – «  Europe, écologie , les verts » remarque que l’architecte doit faire participer les citoyens en amont, en permanence et que les projets d’urbanisme ne doivent pas être suivis uniquement par les promoteurs. – « Issy pour tous », veut favoriser la participation citoyenne, développer les lieux d’échanges, par exemple pour les locataires de Seine Ouest Habitat, ceux du secteur Léon Blum. Ils souhaitent associer tous les élus et instaurer des jurys citoyens sur les grands projets architecturaux.

Sous le second thème, les transports, sont englobés les transports en commun, la circulation, la problématique du stationnement. En ce qui concerne la circulation, la situation est particulièrement tendue à Issy les Moulineaux, commune située à la périphérie de Paris et qui subit quotidiennement un important trafic de transit. On assiste ainsi à un accroissement régulier des embouteillages et, aux heures de pointe,  la traversée de la ville d’est en Ouest mais surtout du nord au Sud est devenu très problématique. Pour les transports en commun, par contre, la ville est assez bien dotée avec plusieurs lignes de bus, le RER C, la Ligne 12 et le T2, même si, à certaines heures on frôle la saturation notamment à la Gare RER d’Issy Val de Seine. Nous sommes conscients que le problème est compliqué mais nous aimerions connaître votre diagnostic sur la situation actuelle et savoir si vous avez des propositions innovantes dans les trois domaines suivants :  La circulation et le stationnement des voitures, la circulation des bus et les circulations douces. Les exposants disposent de 5 mn chacun. L’ordre de prise de parole est inversé.
« Issy pour tous »constate l’importance de la circulation dans la ville, avec un maillage qui privilégie un grand axe, avec des encombrements importants. Il faut revoir ce maillage ainsi que les sens de circulation et les fréquences des transports en commun.  Il y a un problème de transports urbains qu’il faudrait organiser en liens avec les communes voisines et au sein de l’intercommunalité pour éviter la circulation de transit. Pour faire diminuer le nombre de voitures, il faut développer le covoiturage, les autolib’s et les systèmes de transport d’entreprises. Enfin il faut obtenir la prolongation de la ligne 12 demandée depuis très longtemps.
« Europe, écologie, les verts » relève que la voiture individuelle est facteur de pollution, d’encombrement et de bruit. Ils proposent des vélos électriques en sites propres avec des places de garage devant les commerces, le développement des transports en communs, le covoiturage. Il faut diminuer les déplacements de transit, créer des parkings de rétention en partenariat avec les autres communes.
Le « rassemblement bleu-marine » estime qu’il faut laisser au citoyen le choix de son mode de déplacement. Tous les modes doivent être associés : vélos, piétons, mais les automobilistes ne peuvent pas toujours se passer de leur voiture. Il faut instaurer une politique tarifaire favorable, créer un maillage avec davantage de desserte de bus et une augmentation de la fréquence, trouver des itinéraires bis, mais sans interdire l’accès de la ville. Il faut créer des parkings avec par exemple, un stationnement gratuit pendant ½ heure. Les zones piétonnes n’ont pas d’intérêt et il faut que le partage des voies se fasse harmonieusement sans sites propres.
« Issy c’est possible » relève que les transports sont un point noir de la ville d’Issy. 80% des emplois sont occupés par des personnes venant de l’extérieur. La ville est étirée et étroite. On doit travailler en coopération avec le département, la région, revoir les sens de circulation. La ligne 12 n’est pas inscrite dans les prévisions de travaux. Il n’y a pas d’argent. Le plan de déplacement doit être revu. Il faut éviter de tout ramener à la mairie qui doit au contraire être dégagée. Le TUVIM est insuffisant.
Les questions sont nombreuses. Elles portent sur
-  les trottoirs trop étroits, encombrés de mobilier urbain. Le passage des piétons est rendu difficile par les vélos garés sur les trottoirs.
-  le sens de la circulation. Peut-on fermer et ouvrir alternativement certaines rues à la circulation, réduire les axes de transit en ne conservant qu’une ou deux voies ?
-  le sens de circulation des vélos, mais aussi le trop petit nombre de « velibs »
-  le renforcement et la modification de trajet des TUVIM. Le maintien de sa gratuité.
Les réponses :
« Issy pour tous » estime qu’il y a un problème de coût des transports. Les entreprises doivent participer. Le stationnement est concédé à l’entreprise Vinci. Il n’y a pas suffisamment de parking et outre les vélos, les possibilités ouvertes par la Seine ne sont pas utilisées.
« Europe, écologie, les verts » relève la volte-face de la municipalité sur l’aménagement de la RD7. Après avoir soutenu un projet à trois voies, elle a rallié la position du Conseil général partisan de 2 fois 2 voies. La ville doit supprimer les parkings. C’est le modèle de Londres. Il n’y a pas de travail commun avec Paris voisine d’Issy. Le seul aménagement de rue a été celui de la rue Hoche sans bordure de trottoirs apaisées.
Le « rassemblement bleu-marine »  souhaite un partage entre vélos, autos et piétons. On ne peut fermer les voies de circulation. Les habitants en ont besoin pour aller de leur travail à leur habitation. Il faut des trottoirs élargis. Les difficultés de transit doivent être étudiées avec les autres villes et il faut multiplier les panneaux d’information sur les axes routiers.
« Issy c’est possible » constate qu’on est près du point de rupture. Depuis 34 ans, il n’y a pas de vision d’ensemble. Il faut par ailleurs corréler le travail local et l’habitat. La proportion d’isséens travaillant dans la ville diminue t la circulation de transit augmente.

Le troisième thème abordé est celui de l’environnement, du patrimoine, de la qualité de la vie.
La densification urbaine, l’augmentation de la circulation… vont souvent de pair avec la dégradation de l’environnement et de la qualité de vie pour les habitants : on peut citer, à titre d’exemple, l’augmentation du bruit, la pollution, les embouteillages, la réduction des espaces verts, la dégradation des paysages … Dans ce domaine également, comme pour la circulation, les solutions ne sont pas faciles, les nuisances rappelées ci-dessus étant souvent inhérentes à la vie en ville. Malgré cela, quelles actions envisageriez-vous pour tenter de limiter ces nuisances et assurer aux isséens des conditions de vie satisfaisantes.
Quatre grandes questions :
- Comment lutter contre la pollution de l’air et le bruit liés à la circulation urbaine mais aussi, dans le cas de notre ville, aux hélicoptères ?
-  Considérez-vous qu’il y a assez d’espaces verts à Issy les Moulineaux avec un peu plus de 8 m² par habitant ? Sinon comment en créer de nouveau et où ?
- En matière de vie pratique, êtes-vous satisfaits du ramassage des ordures ménagères ? De la propreté et de l’état des trottoirs ? Du mobilier urbain ? Des améliorations sont-elles possibles dans ces différents domaines ?
- Quel va être l’impact des grands projets évoqués précédemment (Aménagement du Centre Ville, Tours du Pont d’Issy, ZAC Léon Blum) sur l’environnement, la qualité de vie, le patrimoine ? Comment éviter, ou tout au moins atténuer les impacts négatifs.
Les intervenants ont droit à 5mn d’exposé.
« Europe, écologie, les verts » constate le manque d’espaces verts. On construit des écoquartiers sans un arbre. Il faudrait des espaces verts, des jardins partagés. Il faudrait aussi respecter la biodiversité. La pollution est augmentée par l’usage de pesticides utilisés par la municipalité. Les habitants souffrent du bruit. Il faudrait obtenir un meilleur rendement du recyclage des déchets.
« Issy pour tous »insiste sur le développement durable. Il y a encore beaucoup à faire dans le domaine du volet social, pour le logement. Il faudrait développer la géothermie. Ils déplorent le nombre de m2 de bureaux vides, l’absence de prise en compte des inondations centenales, l’éloignement des espaces verts. Il propose de procéder au recyclage de tous les objets. La distribution de l’eau doit se faire par une régie publique.
Le « rassemblement bleu-marine » estime que la lutte contre la pollution est un engagement de la Région. Il propose de privilégier la voiture électrique, de lutter contre le bruit par la végétation, de réhabiliter les habitats modestes. Les espaces verts manquent. On doit pouvoir accéder au maximum d’espaces verts (voir les arbres en cage de l’ex CNET)
« Issy c’est possible » énumère les points noirs : Airparif a quitté Issy, Le tri sélectif est insuffisant et les enfants devraient être éduqués à cette pratique. Les hélicoptères vont survoler la ville. Anne Hidalgo envisage de fermer l’héliport.  Ne peut-on craindre une opération immobilière en limite d’Issy ? La place Corentin Celton a un caractère entièrement minéral et ce grand espace vide doit être aménagé. Il faut remettre de la végétation. Il y a des problèmes de ruissellement importants dans la ville d’Issy. Il faut permettre des jeux dans des lieux publics, sur les places, développer la végétalisation, protéger le patrimoine. En particulier pour les halles style Eiffel, ne faudrait-il pas saisir la DRAC ? Il faut enfin privilégier la pédagogie et instaurer de véritables conseils de quartiers.
Ce thème provoque de la part des auditeurs des questions très concrètes :
- Qu’en sera-t-il du CNET (maintenant Orange labs), du square de Weiden, du bâtiment de la Sécurité sociale, de l’héliport ?
- Un auditeur observe que l’agenda 21 propose des normes sans ancrage local.
- Le PLU favorise la densification. Il est proposé un référendum annuel. Le vote électronique est contesté…
Au vu de l’heure, il est laissé peu  de temps aux intervenants pour répondre.
-Didier Hervo, pour « Europe, écologie, les verts », estime que c’est à la population de se décider sur Weiden. Il faudrait un bon service d’urbanisme à Issy.
-Lysiane Alezard pour « Issy pour tous » regrette que l’on ne se soit pas battu pour éviter le départ d’Orange lab’s , de l’IFREMER. Les citoyens doivent intervenir.
- Anne-Laure Maleyre pour le « rassemblement bleu marine-front national » est contre la densification. Elle propose des référendums annuels. Elle considère que le vote électronique n’est pas irrévocable.
-Thomas Puijalon pour « Issy c’est possible » rappelle que l’héliport est utilisé à 30% pour le tourisme. Il faut réfléchir à son avenir. Il verrait bien une maison des associations dans le square de Weiden. Le PLU est un bon instrument d’urbanisme s’il n’est pas modifié ou révisé sans arrêt. Il s’engage à deux concertations dès le mois d’avril, l’un sur les rythmes scolaires, l’autre sur les grands projets. Il insiste enfin sur un centre-ville de qualité.

En conclusion de cette table ronde, il convient de relever surtout  l’intérêt des auditeurs et la volonté exprimée des intervenants de favoriser la concertation, la participation des citoyens. Il y a une demande importante sur ce point que les instances élues ne peuvent méconnaître. Souhaitons que dans le cadre futur de la métropole du Grand Paris, cet aspect de la démographie soit renforcé. Les participants sont invités à poursuivre les conversations autour d’un pot convivial.

Une Réponse à “Compte-rendu de la table ronde du 22 janvier 2014”

  1. Alain Lebon dit :

    Je lis depuis quelque temps avec attention et regard critique vos écrits et je tiens à vous dire que j’ai acquis un profond respect pour votre action qui tranche avec le débat politique traditionnel.

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